Dimensions et cultures du Bouddhisme

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 Le chant de l’éveil par Kodo Sawaki

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MessageSujet: Le chant de l’éveil par Kodo Sawaki   Ven 25 Aoû - 14:30


« Englober d’un seul regard l’univers entier et découvrir le satori en contemplant les illusions »


« Si vous avez des questions que vous ne pouvez résoudre, il faut en débattre aussitôt », a dit Yoka.


Il ajoute : « L’humble moine de la montagne que je suis n’a pas de point de vue personnel. »


La doctrine qu’il exprime se situe au-delà de lui-même et de son point de vue. Il l’a expérimentée et il sait qu’elle est bonne.


Dans notre langage actuel, la doctrine parfaite que professe Yoka pourrait être qualifiée de « globaliste ». En effet, elle réunit en un tout l’enfer et le Bouddha, englobe d’un seul regard l’univers entier et découvre le satori en contemplant les illusions. Toutefois, si cette doctrine parfaite n’est pas authentique, il est à craindre que notre pratique ne tombe dans l’ornière du nihilisme et de l’éternalisme. Dans le bouddhisme, toute assertion, positive ou négative est une illusion.



La position nihiliste est celle de l’esprit simpliste qui limite sa pensée à l’impermanence des chose : hier n’est pas aujourd’hui et aujourd’hui n’est pas demain. Hier, j’ai volé, mais étant donné que tous les phénomènes sont éphémères, aujourd’hui, logiquement, je ne suis plus un voleur. Il y a ainsi des gens qui font table rase de tout leur passé au nom de l’impermanence.


La position éternaliste considère exclusivement l’évidence de la chaîne de causalité. Elle se transmet de parent à enfant et se prolonge sans discontinuer. C’est-à-dire que je suis né Sawaki et que je resterai toujours Sawaki. Mais cet enfant qui a hérité d’un riche patrimoine a-t-il profité des dons qu’il a reçus à la naissance ? Il était toujours le premier de sa classe à l’école primaire et regardez-le maintenant à cinquante ans : il a le nez rouge et le visage bouffi et gras d’un ivrogne.



Il faut s’éloigner de toute position extrémiste. C’est le sens que je donne au terme « globaliste ». Ne pas se laisser emporter par le courant nihiliste ni par le courant éternaliste et considérer que nihilisme est éternalisme et éternalisme, nihilisme. La chaîne de causalité des phénomènes relève de l’impermanence de tous les phénomènes, et l’impermanence des phénomènes, parce qu’ils naissent et périssent d’instant en instant, est en soi une chaîne de causalité. Dans les sutra Shoman kyo, il est dit que l’impermanence des phénomènes est une vision négative et que la chaîne de causalité est une vision positive parce qu’elle conduit à une délivrance du cycle des renaissances dans le nirvana.


Ces deux positions extrêmes finalement se rejoignent quand, tout d’un coup, on les fourre dans le récipient appelé hishiryo. Le propre d’une doctrine globaliste est d’embrasser les grandes contradictions et de concilier les extrêmes. Tel est l’enseignement parfait. Ajoutons qu’il se situe au-delà des concepts illusoires. Cela ne signifie pas que l’on devient soudain un ballon qui s’envole dans les cieux et que l’on ne souvient plus de rien, mais au contraire que la doctrine est devenue notre moi, notre état d’être, que notre conscience est hishiryo et que nous sommes sans pensées trompeuses.
Cette doctrine qui embrasse toute chose doit pénétrer nos entrailles, jusqu’au tréfonds de nous-mêmes, sinon, il est à craindre que notre pratique ne tombe dans l’ornière du nihilisme et de l’éternalisme.


Kodo Sawaki, Le Chant de l’Éveil, traduit par Janine Coursin.

ZEN - Bulletin de l’Association Zen Internationale
http://www.zen-azi.org


Satori

Satori (japonais 悟り satori ; chinois, issu du chinois : 悟 ; pinyin : wù ; littéralement : « réaliser ») est un terme des bouddhismes chan, son et zen qui désigne l'éveil spirituel. La signification littérale du mot japonais est « compréhension ». Il est parfois utilisé à la place de kenshō (chinois : 見性 ; pinyin : jiànxìng ; littéralement : « voir la nature/caractère ou propriété »), toutefois kenshō désigne la première perception de la nature de Bouddha ou vraie nature – une expérience qui ne dure pas. Le satori par contre désigne une expérience qui se prolonge, à l'instar d'un bébé qui apprend à marcher – après beaucoup d'efforts il se tient debout, trouve son équilibre et fait quelques pas puis tombe (kenshō). Après un effort prolongé l'enfant se rendra compte un jour qu'il peut marcher tout le temps (satori).

Il est de coutume de parler de satori quand on évoque l'éveil de Bouddha et des patriarches, car leur éveil était permanent.

Le bouddhisme zen reconnaît dans l'éveil une expérience transitoire dans la vie, presque traduisible mot à mot par épiphanie, et le satori est la réalisation d'un état d'éveil épiphanique. Comme d'après la philosophie zen toute chose est transitoire, la nature transitoire du satori n'est pas vue dans l'aspect limitant qu'il aurait dans l'acception occidentale du mot « éveil ».

La nature transitoire du satori, par opposition au permanent nirvāna qu'on retrouve dans les traditions bouddhiques de l'Inde, doit énormément aux influences taoïstes sur le bouddhisme chan de Chine, à partir duquel le bouddhisme zen du Japon s'est développé. Le taoïsme est une philosophie mystique qui met l'accent sur la pureté du moment, alors que les racines hindoues du bouddhisme indien visent une vue dans une plus grande durée – vers la sortie du cycle karmique des réincarnations perpétuelles dans le monde matériel. De l'attention du taoïsme à l'importance du moment, et de la négation de l'existence individuelle ou d'un moi individuel du bouddhisme mahāyāna, est né le bouddhisme zen avec son concept d'état transitoire du satori.
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