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MessageSujet: 3 articles de presse   Mer 17 Fév - 19:35

La méditation améliore le cerveau

Rencontre avec Antoine Lutz, chercheur à l'Inserm, qui explique au "Point" pourquoi les neuroscientifiques s'intéressent à la méditation.

PROPOS RECUEILLIS PAR JÉRÉMY ANDRÉ
Publié le 05/07/2014 à 09:44 | Le Point.fr

Peut-on prouver scientifiquement que les exercices de méditation améliorent le fonctionnement du cerveau ? Antoine Lutz, chercheur à l'Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale), a participé à beaucoup d'expériences menées en France et aux États-Unis.

Le Point.fr : Pourquoi les neurosciences s'intéressent-elles à la méditation ?

Antoine Lutz : Certains neuroscientifiques y voient un modèle prometteur pour explorer la neuroplasticité du cerveau, mieux comprendre les bases physiologiques qui sous-tendent le caractère subjectif de l'expérience méditative. Les électroencéphalogrammes et les scanners nous ont ainsi permis de scruter la dynamique et le recrutement spécifique de zones du cerveau pendant la méditation.

Peut-on déjà présenter des résultats ?


Oui. D'abord, nous avons constaté l'amélioration de certaines fonctions cérébrales. Plusieurs études, dont certaines menées par l'équipe de Richard Davidson, à Madison, dans le Wisconsin, dont j'ai aussi fait partie, ont montré qu'un entraînement soutenu à la méditation de "pleine conscience" accroît les capacités à maintenir son attention sur un objet sans être distrait. Une autre montre que la pratique de la compassion chez des méditants très avancés augmente la synchronisation des ondes cérébrales entre des parties très éloignées du cerveau. Or, la synchronisation est l'un des phénomènes essentiels de la conscience.

La méditation produirait-elle ainsi une conscience augmentée ?


Cela reste à démontrer. Ce type de méditation semble occasionner des changements dans la structure anatomique du cerveau, lorsqu'elle est pratiquée longtemps. Les chercheurs travaillent à tester des hypothèses prometteuses qui ne portent plus exclusivement sur le cerveau. L'une d'elles est que la capacité à réguler le stress par la méditation pourrait avoir un impact bénéfique sur des processus moléculaires importants pour la santé physique. Par exemple, un groupe de l'université de Davis en Californie a montré que trois mois intensifs de méditation affectaient l'activité des télomérases, enzymes essentiels dans la protection contre le vieillissement cellulaire. Nous avons montré aussi récemment avec le Dr Perla Kaliman de Barcelone qu'un jour de pleine conscience réduisait l'expression de gènes impliqués dans l'inflammation.

Quels sont les autres défis de cette recherche ?


Un défi méthodologique : faire la différence entre ce qui relève de la méditation en tant que telle et ce qui provient d'autres facteurs. Ainsi, quel est le principe actif ? La technique elle-même, le charisme de l'intervenant, la croyance des élèves, ou simplement l'effet de groupe ? J'ai étudié la question avec Donald MacCoon de l'université de Madison. Nous avons comparé les méditants à un groupe actif entraîné avec d'autres techniques affectant le stress ou le bien-être, comme la thérapie musicale, l'exercice physique et la diététique. Nous avons trouvé un effet d'entraînement comparable avec le groupe contrôle sur certaines mesures, même si les effets de la méditation restaient spécifiques sur des mesures de la réponse inflammatoire lors d'un stress social. C'est pour cela qu'il faut se montrer assez prudent vis-à-vis de résultats obtenus sans un groupe contrôle adéquat.

Vous semblez avoir peur de ne pas être pris au sérieux ?

C'est que la rigueur scientifique est essentielle dans ce domaine. Dans les années 1970, la qualité scientifique des recherches autour de la méditation transcendantale était très faible. Résultat, ce fut un faux départ et il a fallu attendre une dizaine d'années pour voir les premières publications scientifiques sérieuses sur ce sujet. Qu'est-ce qui a déclenché ce nouvel intérêt ? Des programmes cliniques comme la méditation de pleine conscience de Jon Kabat-Zinn. En outre, depuis 1987, les dialogues organisés par le Mind & Life Institute entre des scientifiques et le dalaï-lama ont joué un rôle moteur. La méfiance de la communauté scientifique s'est dissipée quand des chercheurs établis se sont investis dans cette recherche, d'abord pour trouver des recettes contre les douleurs chroniques, le stress, les troubles de l'humeur, la rechute dans la dépression... Puis la recherche s'est élargie à la psychologie et aux sciences cognitives ainsi qu'à la biologie moléculaire, à la génétique, etc. On étudie aujourd'hui des applications sociétales de la méditation, dans l'éducation et dans le monde carcéral.

C'est tout cela qu'on appelle les "sciences contemplatives" ?


Oui, toutes ces recherches qui portent sur les pratiques contemplatives comme la méditation bouddhique, le yoga, les pratiques contemplatives chrétiennes, etc. Le Canadien Mario Beauregard a étudié des soeurs carmélites en prière. Mais il reste encore de larges champs à défricher. Par exemple, pourquoi la pratique tantrique du Tummo a-t-elle pour effet de pouvoir contrôler la température corporelle ? On ne sait pas encore très bien comment ça marche. (...)

On parle de plus en plus d'amplifier nos capacités cognitives par la technologie. La méditation serait-elle une manière plus "naturelle" de le faire ?

Ce n'est pas son but premier, même si le parallèle est parfois fait. On la compare ainsi avec les techniques de neurofeedback pour interagir avec les ondes cérébrales par l'image, le son et l'électricité, au moyen d'électroencéphalogrammes. Certains scientifiques se demandent aussi comment la neuro-ingénierie pourrait accélérer le développement de l'expérience contemplative.

Quel rôle joue le Mind & Life Institute ? Sa conférence annuelle est devenue le Davos de la méditation. Mais c'est un organisme d'inspiration bouddhique. Vous ne craignez pas le prosélytisme ?

C'est un catalyseur. Son rôle n'est pas de financer les recherches, mais de promouvoir une recherche d'excellence. Après, si ses responsables allaient trop loin dans le sociétal, surtout l'éducation, on pourrait s'inquiéter d'un possible prosélytisme. Il faut être là aussi très prudent. Le rôle de la science, c'est la recherche fondamentale au sens pur. Il faut accepter de publier des résultats négatifs et reconnaître que la méditation ne marche pas toujours. Willoughby Britton, chercheuse à la Brown University, a ainsi commencé de faire l'inventaire des problèmes posés par les retraites intensives. Elle a constaté quelques très rares cas de problèmes psychiatriques, des gens qui ont pratiqué intensivement et sans supervision, ou qui avaient des problèmes psychologiques à l'origine. Ce qui montre qu'il faut absolument se poser la question : la méditation est-elle faite pour tout le monde, et notamment pour les enfants ou pour les schizophrènes ?

Et l'utilisation des résultats scientifiques pour vendre les techniques méditatives comme outils de performance et de relaxation ?

C'est un autre écueil. Plus la méditation devient populaire, plus les gens en parlent sans vraiment savoir ce que c'est. Les scientifiques peuvent lutter contre cela, en montrant les différences entre les pratiques. Il n'y a pas qu'une seule méditation, comme il n'y a pas qu'un seul sport. Chaque sport fait travailler plus ou moins la cardio, les différents muscles, le contrôle moteur... De la même manière, il y a des familles de méditation. Dans la tradition bouddhique, certains manuels parlent, sans doute de manière métaphorique, de 84 000 formes de méditations. L'enseignant doit choisir celle appropriée à chaque individu.


La méditation pour guérir: la science s'en mêle
Actualité Société  Santé
Par LEXPRESS.fr , publié le 31/03/2010 à 12:05

Oubliez les pseudo-gourous: les sciences les plus pointues démontrent les effets du psychisme sur le corps. Et ses vertus thérapeutiques encore peu explorées.

Le "pouvoir de l'esprit" a longtemps fait partie de la rhétorique des charlatans. Il évoque l'intervention divine, c'est pourquoi les scientifiques et les médecins s'en sont longtemps méfiés.  

Il a fallu des siècles pour que son rôle soit reconnu dans l'effet placebo, dans l'hypnose ou la psychanalyse. L'idée qu'il soit possible d'altérer le métabolisme humain par de simples exercices de pensée paraissait jusqu'à récemment complètement farfelue. Dans les années 1980, des chercheurs américains ont commencé à s'intéresser aux effets de la méditation sur l'organisme et ont découvert de "troublantes coïncidences". Depuis une dizaine d'années, les données sont devenues plus précises, grâce aux progrès de l'imagerie cérébrale et de l'informatique, et montrent que l'esprit influence bien la matière et le corps.  

La méditation intensive épaissit une région centrale du cerveau
En 2004, Matthieu Ricard a ainsi participé à une étude menée par une équipe de chercheurs de l'université du Wisconsin, à Madison, qui consistait à comparer l'activité cérébrale de moines tibétains pratiquant la méditation intensive depuis des dizaines d'années avec celle de volontaires novices. Les électroencéphalogrammes ont mis en évidence "une forte augmentation des ondes gamma à haute fréquence" chez les moines par rapport au groupe témoin.  


D'autres différences ont été repérées à l'aide d'un système d'imagerie par résonance magnétique nucléaire (RMN): une activité élevée dans la zone préfrontale gauche du cortex, qui semble submerger l'activité de la partie droite, siège de l'anxiété.

Confirmation apportée en mars 2010 par une expérience similaire, réalisée par une équipe de l'université de Montréal, au Québec: celle-ci montre que la pratique intensive de la méditation épaissit littéralement une région centrale du cerveau (anterior cingulate) qui régule la sensibilité à la douleur: les adeptes du zen ont un nombre sensiblement plus élevé de cellules gliales dans cette zone, ce qui leur donnerait une plus grande résistance à la souffrance physique.  

De leur côté, des chercheurs australiens et norvégiens ont identifié une forme d'onde cérébrale, dite thêta, spécifique aux états de "relaxation attentive", qui se distingue nettement des ondes produites par la simple relaxation ou par le sommeil. Elle provient de la partie frontale du cerveau, siège des processus mentaux conscients.

Se faire des muscles rien qu'en y pensant

La méditation modifie le cerveau lui-même, mais agit aussi sur le système hormonal, vasculaire et même musculaire. Des adolescents obèses du collège d'Augusta, en Géorgie, ont vu en moyenne leur pression artérielle baisser de 5 points après trois mois d'exercices de méditation réguliers.  


Une étude en double aveugle menée par des médecins de l'hôpital Northwestern Memorial d'Evanston, dans l'Illinois, démontre également l'efficacité de certaines techniques de relaxation sur l'insomnie. D'autres expériences sont en cours pour le traitement de la dépression, des troubles cardio-vasculaires, de l'asthme ou des douleurs lombaires.

Plus étonnant: la pensée aurait aussi un pouvoir sur les muscles. Des chercheurs de la Cleveland Clinic, dans l'Ohio, viennent ainsi de découvrir que l'entraînement mental peut améliorer la force musculaire, tout comme l'exercice physique. Des volontaires ont été astreints, quinze minutes par jour, durant trois mois, à se relaxer, totalement immobiles, en imaginant qu'ils soulevaient un poids à bout de bras.  

A la fin de l'expérience, ils avaient acquis une force musculaire dans le biceps plus élevée que les individus du groupe témoin qui s'étaient, eux, réellement entraînés physiquement! Explication: la puissance ne dépend pas seulement de la masse musculaire, mais de l'intensité du signal nerveux envoyé par le cerveau aux muscles. La force de la pensée, au sens propre.


Le Journal de la science


La méditation modifie durablement le fonctionnement du cerveau

Par Nicolas Revoy | mercredi 14 novembre 2012

Une étude américaine montre que la pratique régulière de la méditation modifie de façon durable le fonctionnement du cerveau.
S'engager dans une pratique régulière de la méditation modifie durablement le fonctionnement du cerveau, selon une étude menée par par des chercheurs de l'Hôpital Général du Massachusets (Boston, Etats-Unis), et publiée le 1er novembre 2012 dans la revue Frontiers in Human Neuroscience.

Si les neurologues savaient depuis longtemps que le cerveau d'une personne en train de méditer a un fonctionnement différent de celui habituel, cette étude vient aujourd'hui montrer que la méditation peut aussi engendrer des modifications neuronales durables, c'est-à-dire subsistant après l'activité de méditation proprement dite.

Plus encore, ces modifications durables semblent pouvoir apparaître assez rapidement. En effet, l'étude menée par les chercheurs de l'Hôpital Général du Massachusets a porté sur des individus initialement novices en matière de pratique méditative, et qui ont suivi des cours de méditation sur une durée de 8 semaines seulement.

Le fonctionnement de l'amygdale modifié

Plus précisément, qu'ont découvert les chercheurs ? Ils ont constaté une modification dans le fonctionnement de l'amygdale, une zone du cerveau associée au traitement des émotions, et plus particulièrement impliquée dans les émotions telles que la peur, l'aversion et l'anxiété.

Pour parvenir à ce résultat, les chercheurs ont formé deux groupes de volontaires, lesquels ont tous deux suivi des cours de méditation pendant huit semaines. Mais alors que les cours suivis par le premier groupe étaient consacrés à une méditation orientée vers le développement de la conscience de soi (appelée "méditation de pleine conscience", cette technique consiste à se concentrer sur un phénomène physiologique propre, comme sa respiration, en ramenant à chaque fois ses pensées vers la conscience de ce phénomène), les cours suivis par le deuxième groupe étaient plutôt orientés vers l'aptitude à faire émerger le sentiment de compassion pour autrui.

Au terme de ces huit semaines, 12 volontaires au sein de chacun de ces deux groupes ont été exposés à une série de 216 photographies, dont certaines véhiculaient des émotions positives (joie, sérénité, etc.), d'autres des émotions neutres, et d'autres enfin des émotions négatives (souffrance, peur, dégoût, etc.). Pendant le défilement des photographies, l'activité cérébrale des volontaires était analysée via imagerie à résonance magnétique fonctionnelle, une technologie qui permet de cartographier les variations d'activité du cerveau au cours du temps.


Une moindre sensibilité émotionnelle aux stimulations extérieures

Résultat ? Chez les volontaires qui avaient suivi des cours de méditation orientée vers le développement de la conscience de soi (la méditation dite de "pleine conscience"), l'activité de l'amygdale était sensiblement diminuée pour tous les types de photographies, traduisant donc un abaissement de la réponse émotionnelle aux photographies visionnées. D'une certaine manière, les volontaires de ce groupe étaient devenus émotionnellement "moins sensibles" aux stimulations de leur environnement.

Quant aux volontaires qui avaient pratiqué une méditation orientée vers le sentiment de compassion, le résultat a été là aussi un abaissement de l'activité de l'amygdale, mais uniquement pour les photos à contenu émotionnel positif et neutre. En revanche, pour les photos à contenu émotionnel négatif, comme par exemple le visage d'une personne en train de souffrir, les chercheurs ont observé une augmentation de l'activité de l'amygdale. Selon les chercheurs, ce phénomène est la conséquence directe du développement du sentiment de compassion induit par le type spécifique de méditation auquel ils avaient participé.

Si la pérennité des changements cérébraux induits par la méditation, pointés par cette étude, constitue à l'évidence un résultat important, il faut toutefois noter qu'une étude précédente avait déjà trouvé des résultats allant dans cette direction. Cette étude, publiée en janvier 2011 dans la revue Psychiatry Research Neuroimaging, avait déjà montré que la pratique régulière de la méditation avait pour effet de diminuer la quantité de matière grise présente dans l'amygdale (la matière grise est constituée de neurones, en opposition à la matière blanche qui est constituée de fibres nerveuses).

Ces travaux, publiés sous le titre "Mindfulness practice leads to increases in regional brain gray matter density", avaient également pointé une augmentation de la production de matière grise dans la partie gauche de l'hippocampe, une zone du cerveau connu pour son implication dans les mécanismes de la mémoire, mais aussi dans le développement de la conscience de soi, le sentiment de compassion, et l'introspection.
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