Dimensions et cultures du Bouddhisme

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 Le doigt n'est pas la Lune

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MessageSujet: Le doigt n'est pas la Lune   Sam 13 Fév - 17:22

Le doigt n'est pas la Lune

Chapitre 32 (un passage seulement).

Sur les Traces de Siddharta

Tich Nhat Hanh.

"Un après-midi, Sariputta et Moggallana conduisirent l'ascète Dighanakha auprès du Bouddha. Ce sage réputé était l'oncle de Sariputta. Quand il avait appris que son neveu était disciple du Bouddha, il s'était pris d'une grande impatience de connaître son enseignement.

Dighanakha demanda à l'Eveillé :
- Gautama, parlez-moi de votre enseignement. Je ne souscris pour ma part à aucune doctrine ni à aucune théorie.

Le Bouddha sourit et répondit :
- Souscrivez-vous à votre doctrine de ne suivre aucune doctrine ? Croyez-vous en votre doctrine de la non-croyance ?


Un peu décontenancé, Dighanakha rétorqua :
- Gautama, ce que je crois ou pas n'a pas d'importance.

Le bouddha continua avec douceur :
- Une personne prisonnière d'une doctrine perd toute liberté. Elle devient dogmatique, persuadée que sa doctrine est la seule vérité et que toutes les autres sont des hérésies. Les conflits naissent de ces vues erronées qui peuvent durer indéfiniment, et mènent parfois à la guerre. L'attachement à des conceptions est le plus grand danger sur le chemin spirituel. Un homme englué dans de fausses conceptions devient si confus qu'il est incapable de passer la porte menant à la vérité.


Laissez-moi vous conter l'histoire d'un jeune veuf et de son fils de cinq ans qu'il chérissait de tout son cœur. Un jour qu'il avait laissé celui-ci à la maison pour aller travailler, des brigands pillèrent et brûlèrent tout le village puis enlevèrent son fils. Quand l'homme revint chez lui, il trouva le cadavre carbonisé d'un jeune enfants près de sa maison et crut que c'était son fils. Fou de douleur, il l'incinéra et mit les cendres dans un sac dont il ne se séparait jamais.

Plusieurs mois après, son fils parvint à tromper la vigilance des bandits et revint chez lui au milieu de la nuit. Il frappa à la porte. L'homme refusa d'ouvrir même quand l'enfant cria qu'il était son fils. Persuadé de la mort de celui-ci, il prit le garçon martelant sa porte pour un mauvais plaisantin. Son fils n'eut pas d'autre choix que de s'éloigner. Le père et le fils furent perdus à jamais l'un pour l'autre.

Vous voyez, mon ami, si vous êtes attaché à une croyance et la tenez pour la vérité absolue, vous vous retrouverez dans une situation similaire à celle du jeune veuf. Persuadé de détenir la vérité, vous serez incapable de la recevoir quand elle viendra frapper à votre porte.

Dighanakha argumenta :
- Il pourrait en être de même de votre enseignement!Qui le suit peut devenir l'esclave de vues erronées.


- Mon enseignement n'est ni une doctrine ni une philosophie. Il n'est pas le résultat d'une pensée discursive ou d'un processus mental, au contraire des écoles philosophiques prétendant que l'essence de la vie est le feu, l'eau, l'a terre, le vent, l'esprit ou que l'univers est fini ou infini, temporel ou éternel. Les hypothèses mentales sont comme des fourmis se déplaçant autour d'un bol. Elles ne mènent jamais nulle part. Mon enseignement n'est pas une philosophie mais le résultat d'une expérience directe amenant à la réalisation d'une paix profonde. Toute chose est impermanente et dépourvue de soi séparé. J'ai tiré cela de mon expérience directe. Vous le pouvez aussi.

J'enseigne que toute chose dépend de toutes les autres pour naître, se développer et disparaître. Rien n'est créé d'une seule source originelle. J'en ai fait l'expérience directe. Vous en êtes aussi capable . Mon but n'est pas d'expliquer l'univers mais d'aider chacun à faire l’expérience directe de la réalité.

Dighanakha s'exclama :
- Ceci est intéressant, mais qu'arriverait-il si quelqu'un considérait votre enseignement comme un dogme ?

- Voilà une très bonne question. Mon enseignement n'est ni un dogme ni une doctrine, mais certaines personnes le considéreront comme tel. Je dois affirmer que celui-ci est une méthode pour expérimenter la réalité et non pas cette réalité elle-même, comme le doigt qui montre la lune n'est pas la lune. Une personne intelligente n'utilise son doigt que pour indiquer la lune. Celui qui ne regarde que le doigt et le confond avec la lune ne verras jamais la vraie lune.

Mon enseignement est un moyen pratique qu'il ne faut pas vénérer. C'est un radeau qui permet de traverser la rivière. Seul un fou s’embarrasserait de l'embarcation une fois sur l'autre rive, celle de la libération.
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