Dimensions et cultures du Bouddhisme

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 La notion de « réalité ultime » dans le bouddhisme

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MessageSujet: La notion de « réalité ultime » dans le bouddhisme   Lun 25 Sep - 19:07



Certains discours au sein des différentes écoles bouddhistes sur la question de la divinité du bouddha ou de l'existence d'un être suprême sont sujettes à interprétations diverses.



Sokei An Shigetsu Sasaki, représentant du Zen Rinzai, déclare :

La force créatrice de l’univers n’est pas un être humain, c’est le bouddha. Celui qui voit, celui qui entend n’est pas cet œil ou cette oreille mais ce qui est cette conscience. Cela est le bouddha. Et cela apparaît dans l’esprit de chacun, est commun à tous les existants, et cela est dieu.



Le roshi Soyen Shaku, également maître du Zen Rinzai, affirme que l’idée de dieu n’est pas absente du bouddhisme en tant que réalité ultime :

Le bouddhisme n’est pas athée, dans le sens ordinaire du terme. Il y a un Dieu, la réalité et la vérité la plus élevée, par lequel et à travers lequel cet univers existe. Mais les pratiquants du bouddhisme évitent ce terme parce qu’il fait penser au christianisme dont l’esprit n’est pas en accord avec l’interprétation bouddhiste de l’expérience religieuse. Afin de définir plus précisément la notion d’un être supérieur, il faudrait emprunter le terme « panenthéisme » inventé par un universitaire allemand (Karl Christian Friedrich Krause) selon lequel dieu est tout et unique et plus que la totalité de l’existence. Les bouddhistes n’utilisent pas le terme dieu qui appartient donc à la terminologie chrétienne. Un équivalent fréquemment utilisé est Dharmakāya. Quand le Dharmakaya est plus concrètement conçu, il devient le tathagata.


Dans le Maha Vairochana Sutra, l’essence de Vairocana est symbolisée par la lettre A qui résiderait dans le Cœur de tous les êtres :


Il est le seigneur et le maître de tout
Il imprègne totalement l’animé et l’inanimé
A, est l’énergie de vie suprême


Le texte parle de Vairocana Buddha comme du Bhagavat, un terme traditionnel pour désigner le divin en Inde :

Le maître du Dharma, le sage qui a atteint la perfection, qui est toute connaissance, le seigneur Vairocana .

De telles descriptions qui s’apparentent à celle d’un être suprême, un dieu, peuvent être également trouvées dans le tantra du « roi créateur de toute chose » (Kunjed Gyalpo Tantra), l’esprit universel de l’éveil en tant que Samantabhadra Buddha déclare :


Je suis au cœur de tout ce qui existe. Je suis la graine de tout ce qui existe. Je suis la cause de tout ce qui existe. Je suis le tronc de tout ce qui existe. Je suis la fondation de tout ce qui existe. Je suis la racine de l’existence. Je suis le centre parce que je contiens tous les phénomènes, la graine parce que je donne naissance à tout, la cause parce que tout vient de moi, le tronc parce que les ramifications de tout événement émergent de moi, la fondation parce que tout réside en moi, la racine parce que je suis toute chose.


Cependant, toutes ces figures "divines", Samantabhadra, Vairocana, Vajradhara sont parfois interprétées par les pratiquants comme des personnifications du vide et de la compassion, de la nature du bouddha, qui serait la véritable nature de tous les phénomènes. Certains bouddhistes voient donc les citations ci-dessus comme des expressions subjectives alors que d’autres pensent qu’elles sont à prendre au pied de la lettre comme la description d’une essence spirituelle qui soutient tous les phénomènes.


Un des Sutras les plus importants du Mahāyāna, le Lankāvatāra sūtra, dit que la notion d’un dieu souverain est issue de "fausses imaginations" et peut, de surcroît, être un empêchement pour accéder à la perfection à cause de l'attachement au concept « dieu ». Le même sutra évoque les différentes appellations du bouddha par « les ignorants » :


Ils parlent de moi en utilisant divers noms sans réaliser que ce sont tous des noms du Tathagata (…) Bien qu’ils m’honorent et me louent, ils ne comprennent pas le sens des mots qu’ils utilisent, n’ayant pas réalisé la vérité, ils s’attachent aux mots de leurs livres canoniques, ou à ce qu’on leur a dit, ou à ce qu’ils ont imaginé, et ne voient pas qu’ils utilisent l’un des nombreux noms du Tathagata.
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